OURSIN

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Moi même.

Mon tempérament est toujours en mouvement, pourtant il est comme l'informatique, il fonctionne qu'à dix pour cent de sa capacité. Il est loin d'être un deux de tension et encore moins un déluré de l'action. Entre actif et passif il se blottit dans mon nid et hiverne avec les dessous de lit du paysage. Quand il côtoie un troupeau d'humains, mon tempérament rumine pour se mettre en veille. Dès lors il essore ses contradictions pour faire poindre son élégance. Le mien à toujours été friand de discussions hasardeuses, de l'hallucinante brève de comptoir à l'infaillible pensée déambulatoire de la philosophie aristocratique. Son champ visuel est comme celui de la vache, il se babine tant qu'il y a du sel dans les évènements. Au pieds des stères humides il hume les champignons pour s'abreuver un peu plus loin à l'orée des clairières dans les flaques alcoolisées qui lui renvoient en miroir sa triste gueule de bois. Mon tempérament a du caractère, il choisi lui même sa police de proximité pour ne pas rester illettré devant les frontières du savoir. Confronté à l'inconnu, il tartine l'avenir avec le coulis de sa psychologie. Mon tempérament, cette arme fugace et conviviale qui fait pâlir et rêver de tendres visages devient un crampon pour mes escapades. Parfois tellement buté et colérique je suis obligé de lui mettre des semelles anti antidérapantes pour compenser son engouement. Sans cesse et sans âge il se passionne à tort et à travers pour extirper la joie de vivre et adore piétiner dans les plats de bandes de ses confrères pour émoustiller le ludisme de la provocation. Mon tempérament, je le chéris et le bichonne pour qu'il puisse toujours rivaliser avec les mises à jour de son train de vie. EricFerber